Introduction au travail de Patrick
Depuis 6 ans Patrick a concentré son travail sur l'utilisation du silicone un matériau contemporain proposant une approche de l'oeuvre résolument nouvelle à ceux qui s'intéressent à l'art, à savoir de toucher les oeuvres. Il est habituel dans les musées, les galeries, de dire « ne pas toucher ». Or ici nous devons toucher et nous touchons. Dans l'eau, dans l'air, simplement avec les mains. Et nous pouvons voir cette main, et notre ami(e) à travers l'oeuvre. Le silicone est translucide, sinon transparent et notre vision et nos sensations sont bizarres. L'air et la lumière derrière le silicone sont perceptibles. Dans ce monde nous devons cesser de nous protéger. Or le silicone est un matériau extrêmement étanche et protecteur. Mais, en introduisant de l'acide dans des sculptures en silicone, Patrick désire nous dire que nos sociétés et nous-mêmes sommes rongés par notre croyance en l'efficacité de mesures protectrices face à un danger venu de l'extérieur, et c'est ainsi que l'acide déruit le silicone de l'intérieur. A l'opposé de cela, nous devons protéger notre monde et particulièrement la Nature. Et les derniers travaux qu'il a spécialement réalisé pour ses expositions en mai 2008 à Hong Kong mettent l'accent sur tous ces points sensibles. C'est pourquoi il introduit un bon nombre de matériaux organiques dans le silicone transparent, ainsi du jambon (la chair du porc), du bois (la chair de l'arbre), et aujourd'hui de la soie naturelle (la secrétion d'un insecte) provenant de Chine. Or la soie est comme la peau à la fois très fragile et très résistante.Une autre pratique est pour lui d'utiliser des morceaux de bois directement prélevés sur des troncs ou des branches de chêne, et de suivre le mouvement naturel du fil du bois. Avec cette technique Patrick réalise des sculptures qui montrent des corps humains qui semblent dépourvus de chair. Dans notre monde civilisé, la chair est habituellement « packagée » dans des matériaux plastiques transparents proches du silicone. Voici ce qu'il déclare : « La vie réside en fait à l'intérieur des os ». Aussi a-t-il sculpté des caddies vides en chêne ou en bronze qui sont une sorte d'inscription plastique de notre univers de consommateurs ».


